Promenade dans le 5ème arrondissement

Rue de la Bûcherie 

Depuis le temps qu’elle boit les paroles des touristes et parisiens qui se désaltèrent à son eau, elle doit être douée pour les langues la fontaine Wallace de la rue de la Bûcherie. En effet, si l’on prête l’oreille alentour, on se croirait en terre anglophone et il faut dire que derrière sa façade jaune, la librairie Shakespeare and co, fondée en 1951 par un bibliophile originaire du Massachusetts et décrite par Henry Miller comme « Le pays enchanté des livres », y est pour quelque chose.

Après avoir déniché un bon bouquin dans un des bacs remplis de raretés et autres classiques, on s’assied sur un des bancs sommaires et on feuillète sa trouvaille. Si bien qu’on passerait presque à côté d’un des symboles de la capitale, élevé de l’autre côté de la Seine et à moitié caché, selon les saisons, par les arbres feuillus : la cathédrale Notre Dame de Paris. Chef-d’œuvre d’architecture gothique, avec sa rosace de 12 mètres de diamètre et sa grande cloche, on se souvient, entre autres, qu’elle fut le théâtre du sacre de Napoléon par lui-même et le décor du roman de Victor Hugo qui porte son nom.

Mais avant de traverser le fleuve en sa direction, quelques instants de flânerie dans le square Viviani offrent un plongeon dans l’atmosphère du Paris médiéval : un robinier (autrement connu sous le nom d’acacia), le plus vieil arbre de Paris ramené d’Amérique par le botaniste Robin, la plus vieille église romane, Saint-Julien-le-Pauvre, un peu d’imagination…et c’est un étonnant voyage à travers les âges.

 

 

 

 

Angle rues Geoffroy Saint-Hilaire et rue Cuvier

 

Au bout de la rue de la Bûcherie, la rue Sauton mène à la rue Monge. En la longeant, on finit par croiser la rue Lacépède par laquelle on atteint l’angle de la rue Geoffroy Saint-Hilaire et de la rue Cuvier. Ici, la dernière fontaine Wallace dites « en applique » de la capitale est adossée à l’un des murs d’enceinte du Jardin des Plantes.

A quelques mètres d’elle, la fontaine Cuvier, est dédiée à l’anatomiste du même nom, professeur au Jardin des Plantes et fondateur de la paléontologie.

Créé en 1635, le Jardin royal des plantes médicinales était originellement destiné aux apprentis herboristes, étudiants en médecine et en pharmacie. Aujourd’hui, c’est un havre de nature que l’on visite inlassablement tant il possède de richesses. Son élégante roseraie dégage une fragrance si agréable qu’elle nous transporte en-dehors de Paris, dans une immensité toute de couleurs et de nuances tandis que, plus loin, la Ménagerie accueille petits et grands. Un petit tour au micro zoo, pour se faire une autre idée du fromage en observant au microscope ce milieu de vie si cher à nos amis les acariens puis on peut se rendre plus bas, sous les bananiers et autres plantes tropicales des serres géantes dont la chaleur humide réchauffera son homme en période hivernale.

Enfin, pour terminer la journée, rien de tel que d’aller se confronter au gigantesque diplodocus qui monte la garde au rez-de-chaussée du Museum d’Histoire Naturelle, rempli d’ancestraux dinosaures et autres brontosaures en squelettes !

 

 

Angle rues Geoffroy Saint-Hilaire et Poliveau 

Au bas de la rue Geoffroy Saint-Hilaire, à l’angle de la rue Poliveau une fontaine Wallace partage la place de l’Emir Abd El Kader avec un banc, un parterre fleuri et un lampadaire doté d’une petite horloge, auxquels une meute de scooters tient la plupart du temps compagnie.

Si cette place, inaugurée en 2006, est un hommage au peuple algérien, à travers le héros national Abd El Kader, il existe non loin de là, place du Puits de l’Ermite, un autre « pont entre Occident et Orient » : la Grande Mosquée de Paris, édifiée en l’honneur des soldats musulmans morts pour la France durant la première guerre mondiale. 

Depuis l’extérieur, avant de franchir la grande porte de style hispano-mauresque aux fleurs stylisées, on distingue déjà ses carreaux multicolores. A l’intérieur, on s’assied à un table surmontée d’un grand plateau de laiton ou on profite de la moiteur suave du hammam traditionnel, après une trop longue journée de visite ou de travail. Mais c’est en plein air, quand le temps s’y prête, qu’il est idéal de se rafraîchir, dans le calme du patio. Quoi de plus charmant, en effet, que de partager autour d’un thé à la menthe bon comme « là-bas », quelques pâtisseries orientales avec les moineaux toujours au rendez-vous pour picorer sans en perdre une miette.

Et si toutefois la gourmandise tournait en indigestion, n’hésitez pas à vous rendre à l’extrémité de la rue Poliveau, boulevard de l’Hôpital, à la Pitié-Salpétrière où vous ne trouverez plus, comme dans le temps, de la poudre à canon mais bel et bien un remède à votre mal. 

 

34, rue Poliveau, face à la rue de l’Essai

Rue Poliveau, sur un des larges trottoirs dominés par les grands immeubles modernes et gris, face au trou de lumière créé par l’ouverture de la rue de l'Essai, une fontaine Wallace coule des jours paisibles, à quelques mètres d’un poste de Police.

Et dire qu’en 1956, la rue Poliveau fut un peu l’héroïne de La Traversée de Paris ! En effet, les héros de ce film, Gabin et Bourvil, sous les traits de Grandgil et Martin, doivent transporter à pied, durant une nuit de 1943, quatre valises contenant un cochon découpé, et ce, sur six kilomètres à travers la capitale, de la rue Poliveau, à la rue Marcadet.

Aujourd’hui, l’endroit n’abrite aucune curiosité, rien de vraiment étonnant ni de rare. Mais non loin de là, en haut de la rue de l’Essai, il suffit de traverser le Boulevard Saint Marcel, pour trouver, au n°35, la Maison de Santé pour les Gardiens de la Paix blessés en service commandé. La création de ce bâtiment, inauguré en 1929 par le Président de la République Gaston Doumergue, fut décidée au lendemain de l’affaire Sacco et Vanzetti, scandale ayant provoqué de violents heurts entre forces de l’ordre et manifestants.

A sa gauche, autre réalisation d’envergure,  l’Institut de paléontologie humaine de la rue Panhard, dont les façades sont ornées de nombreuses fresques magistrales, essentiellement inspirées de scènes de la vie quotidienne des peuples dits primitifs et retraçant l'évolution de l'espèce humaine.

Plus loin, le boulevard croise l’avenue des Gobelins qui, rejoignant la rue Bazeille et la rue Mouffetard, nous fait découvrir la place Bernard Halpern.

 

 

Place des Patriarches (Bernard Halpern) 

Au début de la pittoresque rue Mouffetard, aux multiples échoppes à ravir l’œil et l’estomac tout d’un trait, derrière l’église Saint-Médard, s’étend la place Bernard Halpern - médecin et membre de l’Académie des Sciences -, hôte d’une fontaine Wallace. Elle trône, sur ce site à la fois moderne et arboré, entourée de commerces originaux et traditionnels d’hier et d’aujourd’hui.

Ainsi, il y en a pour tous les goûts ! Les cuisinières et les bricoleurs du dimanche se rendent rue des Patriarches, à la droguerie-quincaillerie LEPRINCE, à la recherche d’un casse-noix ou d’un tournevis et en sortent le nez plein du mélange d’odeurs exhalées par les bougies parfumées et les savons de Marseille.

Plus haut, les nostalgiques d’antan se perdent entre les vieux linges, la vaisselle fine et les bouquins à l’ancienne de la boutique ANTIQUITÉ.

A quelques pas, rue de l’Arbalète, il persiste également quelques traces de la maison « Aux Artisans » où les peintres venaient jadis se fournir en blouses, les maçons en cottes blanches et les serruriers en bourgerons bleus. Après quoi ils se faisaient couper les « tifs » pour 20 centimes juste en face « Au Grand Salon de l’Arbalète ».

Enfin, pour se remettre, pourquoi pas aller « s’en jeter un petit » au bar de Fernando, café typique du quartier, où un « ancien » nous confiera peut-être un de ses secrets…comme celui que cache la grille du 52 de la rue Mouffetard : une étrange et quelque peu sinistre bâtisse construite avec d’anciennes pierres tombales parisiennes sur lesquelles on peut encore lire le nom des défunts !

 

 

Place Emmanuel Lévinas 

En haut de la rue Mouffetard, la rue Blainville conduit à la place Lévinas. Là, assis sur un banc, il fait bon lire et philosopher, au son du doux ruissellement de cette fontaine Wallace, à l’ombre du souvenir de nombreux beaux esprits.

En effet, cet endroit doit son nom à un philosophe français, Emmanuel Lévinas et c’est rue de l’Estrapade, que vécurent le poète Baudelaire et avant lui, Diderot, le penseur des Lumières.

De là, ce dernier fut traîné jusqu’au donjon de Vincennes où on lui promit tous les supplices pour avoir écrit la Lettre sur les aveugles. Alors, il jura de ne plus nuire à la religion ni aux bonnes mœurs afin d’échapper à la torture à la mode : on ne le jeta donc pas, attaché à une corde, pieds et poings liés, du sommet de l’estrapade (sorte de saut à l’élastique…sans élastique !), autrefois installée non loin de ses appartements…et il s’en retourna paisiblement écrire l’Encyclopédie.

A deux pas, dans une ancienne abbaye, le Lycée Henri IV continue de former une partie de l’élite intellectuelle de notre temps et derrière lui, le Panthéon, ancienne église Sainte-Geneviève, accueille les cendres des grands personnages de notre Histoire passée, parmi lesquels Voltaire, Rousseau ou encore Jean Moulin.

La fontaine, quant à elle, n’eût pas toujours le cœur qu’à penser et se souvient aussi du rire des filles un peu « légères » qui logeaient jadis rue « aux Poules », actuelle rue Laromiguière, à l’angle de laquelle la façade jaune de la Brûlerie Saint Jacques, une ancienne brûlerie de café, égaye les alentours.

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Commentaires (1)

1. Ann S. 19/07/2010

L'une des fontaines Wallace petite se trouve dans le Viviani Square, près de l'entrée de la rue du Fouarre.

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