Promenade dans le 4ème arrondissement

Saint Paul

Par la rue de Franche Comté, on rejoint la rue de Turenne, au bout de laquelle s’étend la rue Saint Antoine. Au carrefour avec les rues François Miron, de Fourcy et de Rivoli, une fontaine Wallace est au centre de l'ébullition permanente du quartier Saint Paul où familles juives traditionnelles et jeunesse « branchée » se croisent rue des Rosiers à l’heure de leur sandwich falafel. 

Un flot humain presque continu émerge de la bouche de métro Saint Paul en direction des boutiques de créateurs ou des grands magasins de la rue de Rivoli dont chacun ressort avec l’article de ses rêves, souvent superflu mais rigoureusement indispensable. Pendant ce temps, les enfants tannent parents ou grands-parents pour gagner le droit à un tour de manège tandis que les habitués du kiosque à journaux achetant leur quotidien croisent des touristes à la découverte de ce lieu incontournable.

Situé à l’emplacement de l’ancienne voie romaine de Lutèce à Melun, le « cours Saint Antoine », une des plus antiques voies de Paris, servait déjà au 18è siècle de terrain de jeu, de lieu de promenade et devint le terrain privilégié de tournois dont l’un coûta la vue, et finalement la vie, au roi Henry II, à la veille des mariages respectifs de sa sœur et de sa fille.

Rue François Miron, les façades des deux superbes maisons à colombages des n°11 et 13 valent le coup d’œil, tandis qu’au n°30, se trouve l’épicerie « Izraël », caverne de délices du monde entier où l’on trouve tout ce qu’il est impossible de trouver ailleurs !

 

 

 

Allée des Justes

Au bout de la rue François Miron, il suffit de tourner à gauche et de prendre la rue du Pont Louis Philippe pour tomber nez à nez avec la fontaine de l’allée des Justes.

En allant vers la Seine, dans la partie gauche de l’ancienne rue du Grenier-sur-l’Eau, cette fontaine Wallace veille au grain, campée sur les pavés blancs d’une promenade claire et arborée, propice au recueillement intimé par ce lieu de respect et de mémoire.

La récente Allée des Justes, hommage à ceux qui sauvèrent des juifs durant l’Occupation, longe le mémorial du Martyr juif inconnu et les 37 plaques de bronze de son mur des Justes, détaillant les noms et prénoms de 2693 Justes et le lieu où ils ont œuvré. A l’intérieur, sur le parvis du mémorial, s’étend un autre monument de mémoire : le mur des Noms, ensemble de trois murs en pierre de Jérusalem sur lesquels sont gravés les noms de 76 000 Juifs, dont 11 000 enfants déportés de France sous le régime de Vichy.

De l’autre côté, rue des Barres, de petits pavés nous replongent dans le Paris du Moyen Age et nous emmènent jusqu’au seuil d’une superbe maison à colombages très bien restaurée, ancienne propriété des dames de Maubuisson devenue Auberge de Jeunesse.

De là, face à l’église Saint Gervais, victime rescapée de l’attaque d’un obus allemand  durant la première guerre mondiale, on s’imagine l’époque où la rue du Grenier-sur-l’Eau tenait encore son nom du grenier à grains de la Place de Grève qui approvisionnait un des nombreux moulins « au fil de l’eau », bâti au-dessus de la Seine, près du Pont Notre-Dame.

 

 

Louis Lépine, côté Tribunal de Commerce

Au bout de la rue du Pont Louis Philippe, il faut franchir le Pont Saint Louis et longer le quai aux fleurs et le quai de la Corse pour atteindre la place Louis Lépine.

La place Louis Lépine, du nom du préfet de la Seine père du fameux concours d’inventions de la foire de Paris, accueille tous les jours au cœur de l’Île de la Cité un charmant petit marché aux Fleurs.

Héritier du « Palu », premier marché de la ville situé sur l’Île à l’époque où Paris s’appelait encore Lutèce, il cache, sur son vaste terre-plein, côté Tribunal de Commerce, cette première fontaine Wallace étrangement toute proche d'une seconde. 

Depuis 1808, ce marché aux fleurs qui s’étend jusqu’au quai de la Corse propose sous ses pavillons métalliques, toutes sortes de fleurs, de l’orchidée prétentieuse à la simple fleur coupée, en passant par la légendaire plante carnivore ! A cet endroit où arbustes et palmiers se disputent la vedette, on se faufile dans les allées étroites à la recherche d’ustensiles de jardinage, de décoration kitch ou bien on vient flâner et simplement passer le temps.

Le dimanche, pour le Marché aux Oiseaux, les marchands installent leurs étalages de graines façon marché aux épices. Enfants et passionnés se donnent alors rendez-vous devant les cages superposées offrant au regard, ou à l’adoption, toutes sortes de petites bêtes à poils, hamsters, rats, gerbilles, furets ainsi qu’une multitude d’espèces d’oiseaux, rarissimes ou sans prétention, dont les plumages colorés sont un régal pour les yeux.

 

 

Louis Lépine, côté Hôtel Dieu 

A quelques pas de la première, on trouve cette seconde fontaine Wallace, installée face à l’Hôtel Dieu, plus ancien hôpital de la capitale, dont le côté massif et terne est vertement masqué par les allées colorées du marché aux Fleurs de l’Île de la Cité.

La multitude de végétaux et  de bourgeons de ce sympathique petit marché crée un espace de fraîcheur et de gaieté impromptus dans cet îlot de pierres grises, cœur de l’ancienne Lutèce, et en fait le marché le plus important de la capitale, devant celui de la Madeleine et celui de la place des Ternes.

D’un côté, aux pieds de l’éminente bâtisse de la Préfecture de Police de Paris, se trouve l’unique entrée de la station de métro Cité. Pénétrer en ce lieu représente une expérience unique car ce n’est qu’à l’issu d’une véritable plongée souterraine que l’on rejoint, sous l’étrange lumière verdâtre d’une rangée de réverbères, le quai de ce métro situé à une quinzaine de mètres en-dessous du lit de la Seine. De quoi donner le vertige !

De l’autre côté, au-delà du Quai de la Corse, on aperçoit, seul vestige de l’Eglise Saint-Jacques-de-la-Boucherie, le sommet de la Tour Saint Jacques, étrange clocher gothique accueillant, à 52 mètres de hauteur, une petite station météorologique où un technicien monte pour faire des relevés tous les matins… à pieds !

A l’autre bout de la place, la rue de Lutèce, vaste conduisant, sur la droite, au boulevard du Plais, offre une vue age&able et dégagée sur les grilles et la bâtisse du Palais de Justice.

 

 

Boulevard du Palais 

Le boulevard du Palais, ancienne partie du boulevard Sébastopol longue de 220 mètres, traverse l’Ile de la Cité entre les ponts Saint-Michel et au Change, longeant le Palais de Justice, la Conciergerie et la Sainte-Chapelle devant laquelle se déploie ponctuellement une file de visiteurs, gentiment rangés le long du trottoir.

Les façades de ses immeubles, assujetties à une architecture obligatoire, lui confèrent un aspect austère, tempéré par les grands arbres qui le bordent et sous lesquels, devant l’une des guérites de la Préfecture, cette fontaine Wallace se tient au garde à vous.

Le Palais de Jus­ti­ce, dont on aper­çoit distinctement les grilles depuis no­tre fon­tai­ne, est aujourd’hui sanctuaire des lois, préfecture de police et prison. A l’époque de la Terreur, il fut le siège du tribunal révolutionnaire qui condamna des centaines de détenus et fit perdre la tête à une certaine Marie-Antoinette. Il abrite désormais la Cour de cassation, la Cour d'assises, le Tribunal de première instance et le Tribunal de simple po­li­ce qui suffisent à eux seuls à remplir les salles de l'immense édifice.

Ainsi, au sortir d’une affaire, on déambule le long de cette artère dé­nuée de com­mer­ce jusqu’à l’unique marchand de pizza qui comblera les pe­ti­tes faims ou en direction d’un des trois seuls ca­fés bras­se­ries du coin car les interrogatoires et les plaidoiries donnent soif.

A l’angle de la préfecture de police, il faut tourner à gauche, quai du marché neuf et traverser le Petit Pont pour déboucher rue de la Bûcherie, face à la cathédrale Notre-Dame.

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