Promenade dans le 20ème arrondissement

 

Rue Piat

 En descendant la rue de Belleville depuis le métro Pyrénées, on discerne, sur la gauche, la rue Piat.

Au n°27, la Maison de l'Air offre un panorama superbe et se montre idéale pour observer Paris, son ciel et les phénomènes atmosphériques.

Là également, sur une petite esplanade avec vue sur la Tour Eiffel surplombant le parc de Belleville, cette fontaine Wallace est  pour les enfants du quartier, la proie de toutes sortes de jeux, que ses cariatides soient la cible du fameux «  1, 2, 3 soleil » ou qu’elle se fasse citerne inépuisable des inévitables batailles d’eau estivales.

Orienté plein sud, le jardin de Belleville offre aux visiteurs quelque 1000 m² de pelouses et plus d’un millier de végétaux. La présence de quelques vignes entretient le souvenir des cultures et des fêtes qui se déroulaient autrefois à Belleville, tandis qu’une fontaine en cascades de 100 mètres de long dévalant la colline, rappelle que l’eau y a toujours coulé à flots grâce au réservoir de Ménilmontant. 

Mais Belleville n’est pas qu’un coin de verdure ! Commune à la fois rurale et ouvrière, annexée à Paris en 1859 lors de la nouvelle organisation administrative de la ville, elle a su rester singulière et dynamique grâce aux différentes populations qui y cohabitent. Ainsi peut-on observer, rien qu’en descendant la rue de Belleville, l’activité intense des restaurants asiatiques, des cafés maures et des bazars en tout genre, et une vie nocturne des plus effervescentes. Et ce, quel que soit le jour car il semble qu’ici, le dimanche n'existe pas…

 

Place Maurice Chevalier

 Le passage Piat, traversant le Parc de Belleville, mène à la rue Julien Lacroix au bout de laquelle s’élève le clocher haut de 78 mètres de l’église Notre-Dame de la Croix de Ménilmontant. Au pied de ses 54 marches, la place Maurice Chevalier nous accueille à l’ombre d’arbres imposants. Le chanteur et acteur auquel la place doit son nom possédait dans sa propriété de Marnes-la-Coquette une fontaine Wallace identique à celle qui trône à cet endroit.

 Les habitants du quartier jouissent ici d’une atmosphère tranquille, préservée de toute activité touristique si bien qu’en hiver, la place semble endormie, comme engourdie par les frimas. Ce n’est qu’aux beaux jours que les terrasses ensoleillées qui la bordent sont envahies aux dépends des bancs publics encerclant la Wallace, qui se voit, comme eux, rendue presque végétale par la myriade de fleurs blanches tombées des feuillages.

 La terrasse du café-narghilé exhale des odeurs de tabac et de pomme qui se répandent dans l’air et flottent jusqu’aux narines des mamans assises au bar La Pétanque. Et c’est devant un petit noir, qu’après avoir déposé leur marmot, elles se réveillent, encore en pyjamas sous leur blouson, les yeux encore fardés de cernes.

 Au sein de cette clairière urbaine ne figurant pas sur tous les plans de Paris, on se croirait volontiers dans un bourg médiéval avec ses petits commerces, ses rues pavées qui montent et descendent, le clocher de l’église et la fontaine Wallace centrale, source d’eau du « village » autour de laquelle, dès que le soleil montre son nez, les enfants courent, jouent et crient.

 

Rue des Mûriers

Le quartier de Ménilmontant possède nombre de petites rues qui s’entrelacent coquettement, à l’écart des grandes artères. La rue des Mûriers, petite rue paisible montant de la rue des Partants jusqu’à l’avenue Gambetta, est de celles-ci.

A la hauteur du square des Mûriers, qu’elle dissimule presque, sur la gauche, elle s’élargit en une placette ombragée se déployant sur plusieurs niveaux et accueillant, comme surgissant de son sol sablonneux, une poignée d’arbres, trois lampadaires et une fontaine Wallace.

Aux beaux jours, le chant des oiseaux s’efface pour laisser place aux cris des enfants qui, dès la sortie de l’école, courent jusqu’ici pour faire une partie de football alors que d’autres, assis sous les arbres, préfèrent bavarder paisiblement.

Une bonne part de la population étant originaire d’Afrique noire, il n’est pas surprenant de la voir égayer de ses costumes colorés les grises façades des immeubles alentours. Ainsi, les parents traversant la verdure en boubous croisent-ils leurs enfants, jouant sur le bitume en jogging, au rythme des mélopées des rappeurs échappées des tours ou des roucoulements des pigeons de la place.

Les plus courageux pousseront la marche jusqu’à la toute proche rue Gasnier Guy, rue la plus pentue de Paris, avec ses 17% de pente et son formidable dos d’âne. Et leur effort sera récompensé par une petite halte au jardin partagé Papilles et Papillons,  où anciens et nouveaux venus du quartier se retrouvent avec plaisir pour bêcher un coin de terre ou partager un repas.

 

29 boulevard de Ménilmontant

Une fois gravie la rue des Mûriers, on atteint l’avenue Gambetta qu’il faut descendre, le long du cimetière du Père Lachaise jusqu’au boulevard Ménilmontant. En direction du métro Philippe Auguste, on aperçoit, telle un point de mire, cette fontaine Wallace. Silencieusement, cette dernière semble indiquer l’entrée monumentale du cimetière du Père Lachaise où repose son créateur, Sir Richard Wallace parmi une longue liste de célébrités, de Guillaume Apollinaire à Frédéric Chopin en passant par Edith Piaf ou encore Jim Morisson.

En jetant un regard circulaire depuis la fontaine, on apprécie cet espace vierge de tout aménagement urbain où le temps semble s’être arrêté. Le large trottoir, bordé de grands arbres, accueille de nombreux touristes profitant de la fontaine pour se désaltérer ou comme point d’appui pour étudier le plan de la nécropole, à la recherche d’une sépulture célèbre. D’ailleurs, le foisonnement humain côtoyant la fontaine semble faire narquoisement écho aux nombreux magasins de pompes funèbres du trottoir d’en face…

Alentours, des immeubles modernes pas toujours du meilleur goût ont remplacé les anciennes bâtisses du village de tradition ouvrière de Ménilmontant, annexé par Haussmann en 1860. Heureusement, non loin de là ont fleuri de charmants bistrots et quelques restaurants « bobo », qui, au détour d’une côte raide ou en-haut d’un des nombreux escaliers de la colline, rendent à la rue de Ménilmontant et aux mignonnes ruelles avoisinantes l’âme « popu » d’antan.

 

6 rue Belgrand

Sorti du cimetière en empruntant l’avenue du Père Lachaise, on se retrouve directement place Gambetta d’où on accède à la rue Belgrand.

Eugène Belgrand, Directeur du Service des eaux et des égouts de Paris serait honoré de voir encore à son emplacement d’origine, dans la rue qui porte désormais son nom, une fontaine Wallace car c’est lui qui détermina, avant leur installation dans la capitale en 1875, l’emplacement de ces fontaines à boire publiques.

Implantée au bord de la large artère souvent envahie par la circulation, la fontaine tourne le dos à l’aile gauche de la mairie du 20e arrondissement, imposante bâtisse s’élevant avec force et sobriété. Son entrée borde la place Gambetta, cercle planté d’arbres dont le centre est orné d’une fontaine monumentale, signe du rôle prépondérant de l’élément liquide dans cet arrondissement.

Ici, peu de touristes mais plutôt des habitants de longue date montant la rue des Pyrénées direction le fromager, le boucher ou le traiteur chinois, tandis que les étudiants boivent un verre au café qui jouxte le cinéma MK2 de la rue Belgrand, en discutant des films qu’ils ont vus ou qu’ils s’apprêtent à découvrir. D’autres se donnent rendez-vous sous les bas reliefs de la façade ronde sur laquelle chaque semaine, les nouvelles productions du 7e art rejoignent les anciennes, captant l’attention des cinéphiles du quartier. Et pour cause, car ce lieu, autrefois également dédié au music-hall et baptisé « Les Beuglantes », est désormais le seul cinéma de l'arrondissement qui, il y a quelques décennies, en comptait trente !

 

Place Edith Piaf

A la rencontre de la rue Belgrand et de la rue Pelleport, se dessine une des nombreuses places qui participent au caractère si singulier du 20e arrondissement.

Réaménagée en 2003, la place Edith Piaf possède désormais un espace piétonnier plus grand et des gradins accompagnant l'inclinaison du sol. Sur ses hauteurs, domine une fontaine Wallace, au-dessous de laquelle la place s’étend doucement vers la rue Belgrand. Plus bas, on peut admirer une statue à l’effigie de Piaf, qui, dans une robe de bronze aux mouvements tourmentés, lève les bras au ciel. Réalisée par Lisbeth Delisle et dévoilée à l’occasion du 40e anniversaire de la mort de l’artiste, elle honore le souvenir de cette grande dame de la chanson française, née à quelques pas d’ici, à l’hôpital Tenon, en 1915 et ayant toute sa vie battu les pavés de la capitale. 

Dans ce coin pour le moins populaire de l’Est parisien, les habitants souvent âgés ou d’origine étrangère semblent se parler peu, ce qui pourrait transformer cet espace en un lieu maussade, sans vie. Pourtant, les commerces entourant la place en font un lieu de passage assez fréquenté et le quartier redouble de vitalité le mercredi et le samedi, jours de marché. Les autres jours, les ossatures métalliques surmontées de bâches roulées longent silencieusement la voirie pour former un paysage plus morne, où le fracas des voitures roulant à vive allure se mêle aux élucubrations insensées des quelques mendiants partageant un bière aux pieds de la statue implorante.

 

Place Octave Chanute

A partir de la place, la rue du Capitaine Ferber, montant à pic, conduit à la place Octave Chanute, dédiée à l’un des pionniers de l’aviation, Américain mais d’origine française.

 Sur un des flans de ce petit espace triangulaire bordé d’immeubles disparates en briques rouges ou en pierre, des arbres à fleurs sont alignés, tandis que se hisse en haut de ses quatre marches un banc unique, près d’un lampadaire solitaire.

Non loin, l’eau coulant de cette fontaine Wallace est un des rares signes de vie de la place silencieuse qu’on contourne plus que l’on ne traverse. Nul besoin, en effet, de franchir ses marches pour se rendre chez le boulanger, le traiteur ou le petit épicier du coin, même s’il est tout de même agréable de s’y installer pour scruter un moment les autochtones assis à la terrasse du café du coin, à moins qu’on préfère aller soi-même y prendre un verre.

Une fois requinqué, il ne faut pas hésiter à gravir l’impressionnant escalier qui se déroule de l’autre côté de la place, menant ainsi à la rue Mondoville. Là-haut, un surprise attend les plus vaillants : dans un lieu rare et fleurant bon la nature, rues Jules Siegfried et Irène Blanc, on découvre un lotissement de 92 pavillons, chacun d’un concepteur différent. Dans le calme de ces lieux, essentiellement accessibles par des escaliers et donc, désertés par les automobiles, de petites maisons fleuries de lilas et de glycine aux beaux jours ou de vigne vierge, à l’automne, s’offrent au regard : c’est la « Campagne à Paris », lotissement coopératif où chacun a construit sa maison, souvent avec l’aide de ses voisins.

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Commentaires (6)

1. serres 22/02/2010

Je suis "Aquareliste" et amoureux des fontaiens Wallace. Je prends un plaisir fou a les imortaliser sur le papier. Vos très belles photos m'ont permies de retrouver les adresse de ces fontaines perdues dans les arrondissements Parisiens. Merci

2. Lino (site web) 13/11/2009

Merci Nelly, il m'avait souvent parler de vous, de votre projet. Je l'avais souvent écouté, ses contes et ses histoires, sa mémoire..Dans ce projet, il mérite d'être cité. Il est toujours présent.
Encore merci pour lui

3. Nelly (site web) 11/11/2009

Toutes mes sincères condoléances.
Evidemment,son nom sera cité en page d'accueil du site. J'aurais vraiment souhaité que nous terminions ce livre ensemble mais il ne l'a pas voulu. Ainsi, j'ai décidé de mettre tout mon travail en ligne, pour qu'il serve au moins à quelques intéressés, à défaut d'être publié.

4. Lino 11/11/2009

Georges nous a quitté un 08 août 2009. Il a laissé un héritage immense, sa culture.
Je souhaite seulement que votre association cite simplement son nom. Merci pour lui

5. Nelly (site web) 14/07/2009

Merci pour le complément d'information mais la fontaine n'est pour l'instant qu'à l'état de projet puisque les travaux viennent à peine de débuter.

6. Georges Astié 13/07/2009

La fontaine Wallace du carrefour Ménilmontant-Oberkamf...

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