Promenade dans le 11ème arrondissement

94, rue Jean Pierre Timbaud 

Au sortir de la place Desnos, la rue Camus permet de rejoindre la place du Colonel Fabien et de descendre le boulevard de la Villette jusqu’à ce qu’il devienne boulevard de Belleville. Après la station de métro Couronnes, sur la droite, la rue Jean Pierre Timbaud mène à la place du même nom, pavée de gris et plantée de paulownias.

Là, autour d’une fontaine Wallace et du « Répit du travailleur », sculpture en bronze de Pendariès, les habitants du quartier se retrouvent pour bavarder tandis que les pigeons rassasient leur appétit vorace.

Aux pavés ternes, s’oppose l’incroyable luminosité de la façade de la Mosquée Omar,  d’un côté et de celle de la Maison des Métallos, de l’autre. 

La Maison des métallos, ancienne manufacture d'instruments à vent, devenue un haut lieu du syndicalisme ouvrier puis le siège de l'Union fraternelle des métallurgistes, est désormais un établissement culturel de la Ville de Paris proposant des débats culturels et politiques, mais aussi des spectacles de danse et du théâtre, aux étudiants, aux jeunes créateurs et aux nombreuses familles d’immigrants de ce quartier populaire.

Rue Jean Pierre Timbaud, on a l’embarras du choix niveau détente car le coin ne manque pas d’endroits où prendre un verre en écoutant un peu de musique. Pourtant, ce qui captive le plus, dans cet ancien quartier du fer et des métallos, c’est l’esprit de ce lieu si cher à ses habitants, cette identité qui invite le promeneur à apprécier la richesse d’un « patrimoine industriel » encore vivant.

 


 

Rue Jean Pierre Timbaud, angle rue des Trois Bornes 

Un peu plus loin, au 94, rue Jean Pierre Timbaud, une autre fontaine Wallace parfaitement intégrée au quartier, semble se cacher du tumulte de l’avenue toute proche derrière une muraille de scooters. 

Autour de l’ancienne rue d’Angoulême, dédiée désormais à Jean-Pierre Timbaud, le paysage urbain porte le souvenir de la riche vie industrielle de ce quartier jadis consacré à la ferraille, à travers les formes et les matériaux d’une architecture industrielle typique faite de pierre, de brique, de bois, et de structures métalliques. A cette mémoire, s’ajoute celle du militant ouvrier actif Timbaud, dirigeant d’un syndicat de métallurgistes parisiens, fusillé en 1941 par les nazis en criant : « Vive le parti communiste allemand ! »

Mais ce n’est pas seulement le passé qui anime les lieux car la rue Jean Pierre Timbaud est parsemée de sympathiques petits troquets. Certains choisissent par exemple « L’autre Café » accueillant et pas racoleur pour un sou, pour boire un verre, manger sur le pouce ou traîner avec des amis, ou encore « L’alimentation générale » si l’envie de danser leur prend, car la programmation musicale y est de qualité. 

A la perpendiculaire, s’esquisse l’ancienne avenue des Amandiers, devenue de la République, menant à la place du même nom. En son centre, entourée de deux squares et de bon nombre de magasins et de fast-foods, trône la statue de la République, oeuvre des frères Morice, représentant les valeurs fondatrices, Liberté, Egalité et Fraternité, de la République.

 

 

89, boulevard Richard Lenoir

Après avoir traversé l’avenue de la République, il suffit d’emprunter le boulevard Richard Lenoir, sur la gauche, pour trouver, plantée du côté des numéros impairs, une fontaine Wallace.

Le boulevard, planté d'arbres, orné de parterres et de quinze bassins, porte les noms de messieurs Richard et Lenoir, deux industriels propriétaires d’une filature de coton du quartier au 18ème siècle. Ayant subi beaucoup de dégradations au début du siècle et vu se multiplier les parkings, il faillit devenir une autoroute mais fut finalement réaménagé. Ainsi, depuis les années 90, l’ex-boulevard de la Reine Hortense est doté de quatre squares supplémentaires, plantés d’arbustes et munis de passerelles.

Depuis, il fait bon musarder, juché sur l’une des trois passerelles, d’un jardin à l’autre, ou de fontaine en fontaine, se rafraîchissant de la brume des jets d'eau ou du rire des enfants qui batifolent sur les aires de jeux. Pendant ce temps, assis sur l’un des bancs meublant le mail Richard Lenoir, d’autres assistent, spectateurs anonymes ou commères du quartier, à de cocasses tranches de vie en observant les anciens qui tergiversent autour du cochonnet, sur le jeu de boules jouxtant notre Wallace : « Tu tires ou bien tu pointes ? »

La nuit, des lampadaires lyres bordant les promenades sur leur côté intérieur, assurent l’éclairage et guident les pas des promeneurs le long de ce terre-plein qui court du métro Richard Lenoir, où Simenon décida de loger son héros, le commissaire Maigret, jusqu’à la Bastille.

 

1, boulevard Richard Lenoir

Au bord du terre plein longeant le boulevard Richard Lenoir, au n°1, une fontaine Wallace est le témoin privilégié, deux matinées par semaine, du marché de la Bastille, que certains appellent aussi « marché Richard Lenoir ».

De la Bastille, il suffit de suivre les gens panier au bras ou traînant un caddie pour s’y rendre, même si on est un lève-tard, car au marché, le matin s’étire jusqu’à 13h30 ! D’autant qu’à midi, c'est l’heure des bonnes affaires car primeurs et poissonniers bradent les produits qui restent afin de pas garder de stock. On trouve aussi quelques stands de tir façon fête foraine et des étals de vêtements et de sacs sans marque mais terriblement bon marché. Mais le meilleur reste le festival de couleurs et de parfums offert par cette promenade au sein de la gastronomie française et internationale, souvent rythmée par les notes enjouées de quelque musicien venu couvrir les cris des marchands.

Elevée au centre de la place de la Bastille et surmontée de la statue du Génie de la Liberté, la Colonne de Juillet commémore les victimes des Trois Glorieuses. Emblème de la révolution française, la place est désormais le lieu de nombreux événements, concerts, marchés, manifestations et un lieu de sortie très prisé les vendredis et samedis soirs pour ses nombreux restaurants, cafés, cinémas et boîtes de nuits. 

Cependant, si on préfère la musique classique au son des discothèques, direction l’Opéra Bastille, de l’autre côté de la place, pour s'offrir le plaisir d’un ballet ou d’un classique du genre, au sein de ce bâtiment à l’architecture unique.

 

 

143, rue de la Roquette

On rejoint la rue de la Roquette depuis la place de la Bastille qu’elle relie au cimetière du Père-Lachaise.

A l’emplacement  de l’ancien couvent des Hospitalières, devenu maison de convalescence puis prison, on trouve désormais le square de la Roquette, plus grand square du 11ème arrondissement. Sur le bord du large mail bordant son entrée et offrant une promenade des plus plaisantes, on peut se désaltérer à une fontaine Wallace.

A deux pas d’un des sept pigeonniers contraceptifs de la capitale, deux guérites, aplanies et munies d'un toit à quatre pentes, rappellent la prison de jadis. En face, rue de la Croix-Faubin, sont toujours visibles les cinq dalles que l'on retirait pour dresser la guillotine lors des exécutions capitales ayant lieu devant la porte de la « Grande Roquette ».

Mais depuis, le coin a pris des couleurs et habitations, commerces et équipements divers ont succédé aux quelques masures originellement entourées de marais et de marécages. Le quartier prend vie autour de ce square où chacun trouve à faire : les tout-petits possèdent un espace de jeux, deux bacs à sable et une pataugeoire, les courageux, une tour de douze mètres de haut munie de deux toboggans en colimaçon fermés, les grands, un terrain de sport et les romantiques, une fontaine avec cascade. Quant aux autres, ils viennent prendre un bon bol d’air frais au milieu des nombreux arbres, arbustes, pelouses et autres décorations florales ou parcourent, d’escaliers en passerelles, les allées sinueuses menant à la jolie vue d’ensemble offerte par les deux belvédères.

 

197, boulevard Voltaire

Face au square, la rue La Vacquerie débouche presque directement sur la rue Léon Frot. Au centre d’un terre plein formé par l’angle du boulevard Voltaire et de cette rue dédiée à un conseiller municipal du 11ème arrondissement, fusillé par les Allemands en 1942, une fontaine Wallace entourée d’arbres et de bancs régulièrement implantés, fait face à un petit café-pâtisserie.

Baptisé boulevard du Prince-Eugène, avant de prendre le nom du célèbre philosophe et écrivain François Marie Arouet, dit Voltaire, ce boulevard fut tracé, à l’époque d’Haussmann, pour faciliter la circulation et le tir de canons en cas d'insurrection. Aujourd’hui encore, cet axe se voit régulièrement envahi par le peuple, réuni, banderoles à la main, pour défiler ou revendiquer en scandant des slogans qui résonnent d’un bout à l’autre de la capitale. 

La partie nord du boulevard Voltaire, elle, est envahie par les commerces de textile de gros de médiocre qualité, qui poussent les résidents craignant de voir disparaître l’âme de leur quartier à s’engager pour la restauration et la préservation des anciens immeubles. Mais malgré cela, le « quartier Voltaire », est, avec ses bistrots, ses brasseries et ses commerces, le centre du 11ème arrondissement.

Au n°201 de ce boulevard à la circulation intense, au coin de la rue Alexandre Dumas, se situe un immeuble dont la façade arbore une sculpture à l’effigie de l’auteur des Trois mousquetaires, qui possédait dans cette rue un hôtel particulier, surplombée d’une liste de ses principales œuvres.

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